Le brigandage dans l’Italie méridionale post-unitaire (1860-1869)

Transmettre l’histoire des brigands de l’Italie à peine unifiée, c’est faire connaître les racines de la défiance profonde qui habite bien des Italiens envers l’État. Le système socio-économique archaïque du royaume des Deux-Siciles, qui a maintenu dans l’asservissement des générations de paysans du sud de l’Italie, était fondé sur une société d’ordres dont les dynamiques n’ont rien perdu de leur force suite au passage à l’État-nation. Face à lui, l’entreprise unification menée par le royaume de Piémont-Sardaigne portait une dimension coloniale et un présupposé de supériorité raciale qui n’a fait que légitimer l’arbitraire de la législation du nouvel État et la force de la répression contre ceux qui s’y opposaient : les brigands. Dès lors, nous pouvons voir dans ce brigandage-là une forme de résistance politique non structurée de la part des dominés, dont la transmission de la mémoire importe à ce titre.

Introduction

En 1850, l’Italie est divisée en sept États dont quatre, au nord et au centre, sont sous domination autrichienne : la Lombardie-Vénétie, le duché de Parme, le duché de Modène et le grand-duché de Toscane. Une large partie de l’Italie centrale est contrôlée par le pape, tandis qu’au sud, le royaume des Deux-Siciles est gouverné par la monarchie bourbonienne. 

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Enfin, au nord-ouest, le Piémont-Sardaigne est l’État qui aspire le plus à une expansion économique et territoriale. En 1852, son roi Victor-Emmanuel II décide de nommer le comte Cavour comme Premier Ministre. Profondément libéral, Cavour s’inspire du développement économique de la Grande-Bretagne pour entreprendre la modernisation agricole et industrielle du royaume : il développe le réseau ferroviaire, signe des accords de libre-échange avec la France, le Royaume-Uni, la Belgique et la Suisse et réorganise l’armée.

Ces initiatives séduisent les partisans de l’unité italienne, dont Giuseppe Garibaldi, qui se regroupent autour de la figure de Victor-Emmanuel II. Ce dernier reçoit le soutien de la France dans sa déclaration de guerre à l’Autriche, préalable nécessaire à une conquête de la péninsule. À l’été 1859, la Lombardie est conquise. Pendant ce temps-là, des soulèvements nationalistes éclatent dans le centre de l’Italie, les souverains sont chassés et les habitants se mettent sous la protection piémontaise.

 

Au Royaume des Deux-Siciles, Cavour entend tirer parti de l’agitation anti-bourbonienne qui secoue le territoire depuis plusieurs décennies ; plusieurs rébellions populaires alimentées par les indépendantistes entre 1820 et 1848 ont en effet préparé efficacement le terrain.

Au sein des territoires bourboniens, la société est organisée de manière féodale avec d’un côté les gros et moyens propriétaires fonciers et de l’autre les paysans sans terre à leur service. Comme l’écrit Antonio Gramsci, « la mentalité du paysan est restée celle du serf (...), qui se révolte violemment contre les “seigneurs” en certaines occasions mais n’est pas en mesure de se penser comme membre d’une collectivité (…) et incapable de mener une action systématique et permanente pour essayer de bouleverser les rapports économiques et politiques [1] » Prendre appui sur le projet piémontais représente alors l’occasion de se débarrasser définitivement d’un système despotique dans lequel la monarchie et le clergé contrôlent sans partage la société. Conscients de leur affaiblissement, les Bourbons ont consacré les derniers temps de leur règne à renforcer la répression au détriment de l’amélioration des conditions de vie, ce qui ne va pas sans attiser la colère populaire.

Ainsi, lorsque Garibaldi débarque en Sicile au printemps 1860 avec un millier de volontaires, il profite du large soutien de la population, encouragée par ses promesses. À titre d’exemple, les paysans qui s’unissent au mouvement se voient garantis de recevoir une part dans la division des terres des domaines communaux. Après la Sicile, l’armée de Garibaldi prend Naples. Finalement, en mars 1861, le Royaume d’Italie est proclamé.

Le processus unitaire a les caractéristiques d’une « révolution passive [2] », c’est-à-dire d’un changement radical venant du haut, en l’occurrence de la monarchie conservatrice piémontaise et de la bourgeoisie libérale du nord. Il exclut la participation des paysans (tant au nord qu’au sud). Au lendemain de l’Unité, les promesses de réforme agraire faites aux paysans sont d’ailleurs bien vite oubliées.

Une large partie des habitants du sud se sent alors trahie et répond en engageant la lutte armée contre les tenants du pouvoir. Dès la fin de l’année 1860 apparaissent les premières bandes armées, qui enlèvent des possédants, volent du bétail, mènent des actes de vandalisme agraire, etc. Le brigandage post-unitaire dans le sud de l’Italie et la Sicile des Bourbons prend alors les traits d’une révolte populaire généralisée contre le nouvel État, et certains historiens y voient une véritable guerre civile. Cette dimension politique distingue le brigandage post-unitaire des formes de brigandage antérieures, assimilables au banditisme. Le terme même de « brigands » pour désigner ces paysans en révolte contre l’ordre social et politique de la toute nouvelle Italie divise d’ailleurs les historiens et certains estiment qu’il crée un amalgame problématique.

Longtemps, alors que l’Italie des artisans de l’Unité représente le progressisme bourgeois, la culture nord-européenne, le développement par l’industrie, l’amélioration du niveau de vie et le polissage des mœurs, l’historiographie a présenté les actes de brigandage des paysans du Mezzogiorno dans l’Italie à peine unifiée comme les ultimes soubresauts d’une société archaïque dans laquelle les paysans défendent leur seigneur. En réalité, si les monarchistes bourboniens tentent bien de manipuler la guérilla dans l’espoir de restaurer le royaume des Deux-Siciles, les brigands n’acceptent cette récupération politique qu’en vue d’obtenir une aide financière.

Ce n’est qu’à partir de la moitié du XXe siècle que les historiens envisagent le brigandage sous l’angle d’une rébellion contre l’oppression. Influencée par la pensée marxiste, notamment celle d’Antonio Gramsci, l’historiographie se renouvelle dans les années 1950 et 1960 et Franco Molfese qualifie par exemple le brigandage de « soulèvement anarchique, féroce, aveugle et fondamentalement désespéré des couches inférieures les plus pauvres de la société méridionale [3] ». Il s’agit donc d’analyser le phénomène du brigandage comme une « revanche contre les États établis, défenseurs de l’ordre politique et même de l’ordre social [4] ».

I. Une révolte contre la misère et l’asservissement
Les États changent, l’ordre social reste...

Au XIXe siècle coexistent dans la péninsule italienne trois systèmes de production agricole distincts. Dans la cascina (ferme) lombarde, les familles qui travaillent pour le compte d’un propriétaire reçoivent le gîte et le couvert, le bois et la possibilité de faire un potager. Dans le centre de l’Italie est appliqué un système de métayage où le paysan doit reverser la moitié de la récolte au propriétaire. Au sud, la production est organisée autour de latifundia, des exploitations agricoles extensives qui recourent principalement aux journaliers, des paysans sans terre. Dans les trois cas, l’attachement à la terre du paysan ne se matérialise pas sous la forme d’un droit de propriété mais sous celui d’un droit d’usage, qui est au fond un droit à la subsistance. On comprend alors mieux que la nouvelle législation mise en place, en revenant sur les droits coutumiers, crée les conditions de la révolte. Alors que, sous les Bourbons, 300 000 hectares de terres étaient ouverts aux paysans pour récolter du bois ou faire paître les bêtes, ce droit est aboli. Par ailleurs, l’État italien favorise la bourgeoisie dans l’acquisition des terres domaniales. En effet, les bourgeois ayant adhéré rapidement à la loi des vainqueurs sont les seuls à avoir les moyens de devenir propriétaires. Pire, une partie des terres distribuées aux paysans pauvres finissent dans leurs mains car eux seuls ont l’argent pour les cultiver.

Le nouvel État ignore manifestement les problèmes des paysans, voire les aggrave. Alexandre Dumas, témoin des événements, est convaincu que « l’unique cause du brigandage est la misère poussée à bout par l’oppression [5] ». Il prône l’accession à la propriété des masses paysannes, qui deviendraient alors les fervents soutiens du pouvoir qui aurait amélioré leur condition : « Il faut attacher le paysan de l’Italie méridionale à la terre, […] l’y marier. Les enfants qui résulteront de cette union seront l’ordre, la moralité, le patriotisme [6]. »

Les premières revendications des paysans portent justement sur l’accès à la terre. En août 1860, à Bronte, en Sicile, ils incendient la mairie puis les archives municipales où sont consignés les actes du cadastre, symboles de l’oppression. Les maisons des possédants sont pillées, les effigies piémontaises arrachées et à la place sont restaurées les couleurs des Bourbons, auxquels on prête de nouveau allégeance. En réponse, l’armée de Garibaldi fusille cinq habitants de la ville pour l’exemple.

D’autres motifs allument la colère populaire. Ainsi, le service militaire obligatoire, qui fait perdre des bras précieux à chaque famille, pousse les jeunes gens à prendre le maquis, d’autant que les réfractaires sont exécutés sans recours.

Si la misère paysanne est une des causes majeures du brigandage qui naît en 1860, elle n’est pourtant pas la seule. La dimension coloniale de l’Unité alimentée par un sentiment de supériorité raciale vis-à-vis des méridionaux fait aussi de la révolte des brigands une guerre de libération [7].

Pourquoi les paysans défendent-ils la monarchie des Bourbons ?

Le brigandage se manifeste politiquement comme une opposition à l’État-nation naissant qui a renforcé l’injustice de classe et représente une domination étrangère par bien des aspects (la langue, l’administration du territoire, les valeurs familiales, le rapport à la religion…). La famille régnante déchue des Bourbons est par contraste un modèle familier, protecteur de la foi catholique.

L’importance du fait religieux est indispensable pour comprendre le soutien des brigands à leur ancien roi. En effet, l’unité italienne est vécue par nombre de populations du sud comme une menace contre l’Église catholique du fait de la pénétration des idées maçonniques au sein des groupes de libéraux favorables à l’Unité.

Les Bourbons tentent de tirer parti de leur aura en attisant la colère populaire. Les brigands y trouvent un intérêt matériel : ils obtiennent des armes, mais aussi une aide militaire sur le terrain.

Toutefois, les relations vont très vite s’envenimer entre aristocrates et paysans-brigands comme nous le montre l’exemple de la scission de la bande de Carmine Crocco. À l’automne 1861, le chef brigand Crocco et ses hommes perdent plusieurs villes. Le général Borjes est alors par la monarchie bourbonienne pour coordonner l’action de la bande, qu’il veut transformer en une armée régulière, disciplinée et suivant des tactiques militaires précises. En outre, il souhaite assaillir de petites cités afin de conquérir petit à petit le territoire. Mais Crocco ne croit que dans les vertus de la guérilla, et, après cette rencontre, Crocco renonce à lutter au nom des Bourbons.

Au-delà de ces dissensions tactiques, le mouvement prend peu à peu conscience que ses intérêts de classe ne sont pas les mêmes que ceux de la monarchie réactionnaire et, fin 1862, la guérilla s’autonomise définitivement : elle cesse de se revendiquer du roi et n’obéit plus à aucune stratégie venant du haut. Pour pourvoir à ses besoins en armes, elle commence à soustraire celles des personnes attaquées ou réalise des raids ciblés contre les réserves de la Garde nationale.

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II. Une guérilla réprimée dans le sang
La montagne : à la fois lieu de repli et de contrôle du territoire

Entre 1861 et 1865, on estime que plus de 350 bandes de brigands opèrent sur le territoire de l’ancien royaume des Deux-Siciles, dont une trentaine de bandes comptent plus de cent hommes. À partir de 1863, la violente répression de l’armée amène les paysans à abandonner les villes et à prendre la direction des montagnes où ils se réfugient. De là, ils opèrent de rapides incursions. La dorsale des Apennins qui divise l’Italie sur toute sa longueur est alors très boisée, elle constitue ainsi la terre d’élection des brigands, parce qu’elle est propice à la fuite et au repos. Il est certain que sans leur connaissance fine du territoire, les brigands n’auraient pas pu résister si longtemps aux assauts militaires.

L’organisation militaire des bandes est primitive mais efficace. Leur tactique de combat est la guérilla, qui leur permet souvent de tenir tête aux bataillons de cavalerie de l’armée régulière. Ils mènent des actions par petits groupes, puis, une fois l’attaque conclue, ils se dispersent pour se réunir dans des lieux pré-établis. La discipline de fer et un strict code d’honneur font que les espions sont très rares ; on meurt plutôt que de dénoncer ses compagnons. Les bandes opèrent à cheval et communiquent par signaux : sous forme de colonnes de fumée pendant le jour et en allumant des feux la nuit. Les morts sont brûlés pour éviter toute reconnaissance.

Les populations pauvres (paysans, petits artisans) les soutiennent en leur procurant abri, nourriture et protection. Ces populations, et en particulier les femmes, aident aussi à relayer les informations entre bandes et à faire connaître les positions de l’armée. En échange, les brigands leur distribuent une partie des biens récupérés lors de leurs actions.

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Brigands autour d’un feu de camp
Une violence d’État sans commune mesure

En réponse, l’armée envoyée sur place met à feu et à sang les campagnes. En 1864, 120 000 soldats et gardes nationaux (contre 80 000 brigands) sont engagés dans la répression, pour une guerre sans prisonniers et sans lois, sauf la loi martiale. Les officiers font juger sommairement ceux qui sont suspectés d’être des brigands et ceux qui les aident. Les complices présumés des brigands sont arrêtés en masse, ainsi que les parents des brigands, jusqu’au troisième degré. Des villages sont entièrement rasés et leurs habitants massacrés, comme Pontelandolfo, en Campanie.

À l’été 1863, la loi Pica confirme que les tribunaux militaires ne peuvent infliger que la peine de mort ou, en cas de circonstances atténuantes, la prison à vie, aux brigands faits prisonniers. Mais bien peu de prisonniers sont constitués. Bien souvent, les hommes arrêtés les armes à la main sont fusillés immédiatement sur place. Les marginaux (vagabonds, inactifs…) sont assignés à résidence. La justice de classe à l’œuvre reflète la peur que les classes possédantes éprouvent vis-à-vis du peuple, dans la droite ligne des injustices quotidiennes en temps de paix.

Sur 80 000 brigands, on peut raisonnablement estimer à environ 10 000 [8] ceux qui ont été tués au cours des années 1860.

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Crânes de brigands le long d’une route en Calabre
Conclusion

Le brigandage et sa répression ont marqué durablement les esprits, tant dans les populations du sud qu’au plus haut sommet de l’État, orientant le traitement de la « question méridionale [9] ».

Il est à l’origine d’une abondante littérature académique, s’inscrivant plus généralement dans l’historiographie de l’Unité. À l’époque des faits, des parlementaires libéraux s’indignent de la répression féroce mais leurs voix s’éclipsent rapidement dans les années suivantes pour faire place à un objectif mémoriel mettant en valeur le bien-fondé de l’Unité italienne face au caractère arriéré du sud dont le brigandage serait la manifestation. Même si dans les années 1960 est apparue une lecture marxiste des événements qui a le mérite de montrer la convergence des intérêts des classes dominantes du nord et du sud et les ressorts économiques et sociaux à l’origine de la révolte, les manuels scolaires italiens présentent jusqu’à aujourd’hui l’Unité comme une nouvelle naissance de l’Italie sur le plan culturel, politique et civil.

Au sein des populations du sud, pourtant, la mémoire de ces événements est différente. À l’époque même des faits, par le biais de la publication de nombreuses biographies, se constitue dans la littérature populaire méridionale la figure du brigand-héros. « Maintenant même, dans bien des campagnes, contre les parois blanchies à la chaux des maisons de paysans, s’étalent de grossières lithographies qui rappellent les hauts faits de Mammome ou de Fra Diavolo [10] », écrit un témoin.

Malgré le temps, le mythe reste intact. Ainsi, l’auteur antifasciste Carlo Levi raconte avoir constaté lors de son exil forcé en Basilicate pendant les années 1930 que les paysans continuaient à vibrer à l’évocation du grand brigandage des années 1860 : « La guerre des brigands a pratiquement pris fin en 1865 ; 70 ans s’étaient donc écoulés et seuls quelques vieillards décrépis pouvaient l’avoir vécue comme protagonistes ou comme témoins et se rappeler personnellement ses vicissitudes. Mais tous, vieux et jeunes, hommes ou femmes, en parlaient comme si c’était hier avec une passion toujours vivace. Quand je m’entretenais avec les paysans, je pouvais être sûr que, quel que fût le sujet de la conversation, celle-ci n’aurait pas tardé à glisser d’une façon ou d’une autre sur les brigands [11]. » Et d’ajouter que cette guerre des brigands des années 1860 avait pour ses interlocuteurs valeur de « légende », de « récit épique », de « mythe » ; qu’elle représentait leur « désespérée, atroce et vaine épopée ». Lévi constatait ainsi que les paysans de l’époque fasciste épousaient dans leur quasi-totalité la cause des brigands, c’est-à-dire des vaincus [12].

Alexandra CASTELLETTI 

Professeur certifiée d’Histoire-géographie

Notes 

[1] Antonio Gramsci, La Questione meridionale, Editori Riuniti, 1966.

[2] Vincenzo de Robertis, A. Gramsci e l’Unità d’Italia, auto-publication, 2010.

[3] Franco Molfese, Storia del brigantaggio dopo l’Unità, Giangiacomo Feltrinelli Editore, 1966.

[4] Fernand Braudel, La Méditerranée et le monde méditerranéen à l’époque de Philippe II, 2e éd., Colin, 1966.

[5] Alexandre Dumas, La Camorra et autres récits de brigandage, Vuibert, 2011.

[6] Ibid.

[7] Enzo di Brango et Valentino Romano, Brigantaggio e rivolta di classe, Nova Delphi, 2017.

[8] Seules des estimations sont possibles.

[9] La « “question méridionale »” est le nom que l’on donne pour qualifier l’écart de développement qui sépare le sud de l’Italie des autres régions. Cette écart était déjà visible avant l’Unité et il n’a toujours pas été résorbé aujourd’hui.

[10] Marc Monnier, Histoire du brigandage dans l’Italie méridionale (éd. 1862), Hachette Livre BNF, (14.)

[11] Carlo Levi, Le Christ s’est arrêté à Eboli, Gallimard, 1977.

[12] Jean-Pierre Viallet, « “Réactions et brigandage dans le Mezzogiorno péninsulaire (1860-1869) »”, Actes du colloque sur le banditisme et les révoltes dans les pays méditerranéens, 1982.

Remarque : vous pouvez retrouver cet article dans son intégralité dans le numéro 4 de la revue Nunatak (Hiver-Printemps 2019) disponible à l'adresse suivante : https://revuenunatak.noblogs.org/numeros/